| wo 19.05.2010 |
publié dans Huisarts Nu; Juli 2008,37(6):284-317 Diagnostic | 1. La démarche diagnostique commence par un signal d’alarme. La suspicion d’une dépression sera renforcée par une réponse positive à la question: · “Pendant les deux dernières semaines, avez-vous été tracassé fréquemment par des sentiments dépressifs ou par un état désespéré?” et/ou · “Pendant les deux dernières semaines avez-vous été tracassé fréquemment par un manque d’intérêts ou un manque de plaisir à faire les choses que vous faisiez?” | Niveau 2 | 2. Exclusion d’autres causes que la dépression en vérifiant la présence de: · Maladies psychiatriques sévères et/ou à risque vital traitables (par exemple troubles bipolaires), · Autres problèmes sous-jacents traitables qui peuvent aller de pair avec des plaintes dépressives (par exemple l’hypothyroïdie), · Problèmes traitables pouvant aller de pair avec des plaintes dépressives ou avec une dépression, mais qui nécessitent une approche thérapeutique adaptée (par exemple surmenage). | Niveau 3 | 3. Pour un tableau complet de la dépression, le MG: · fera une estimation selon les critères du DSM-IV, · vérifiera l’impact sur le fonctionnement psycho-social, · se fera une idée de l’état de résistance morale, · recherchera les facteurs déclenchants et protecteurs. | Niveau 3 | Traitement | | 4. Le MG vérifiera toujours si et dans quelle mesure le patient a des pensées suicidaires et abordera le risque de suicide. En cas de risque élevé, le MG proposera de renvoyer le patient pour une aide spécialisée. | Niveau 3 | 5. En cas de dépression légère ou moyenne, des mesures non pharmacologiques seront proposées. En cas de dépression sévère, un traitement psycho-thérapeutique spécialisé sera combiné à un traitement avec des antidépresseurs. | Niveau 1 | 6. L’approche non pharmacologique par le MG comprendra au moins: · l’identification des plaintes, des facteurs déclenchants et protecteurs, · la psycho-éducation, · l’activation du patient. | Niveau 2 | 7. Uniquement en cas d’une dépression sévère, il est indiqué d’initier un traitement avec des antidépresseurs en première ligne de soins, notamment les ISRS, les antidépresseurs tricycliques. | Niveau 1 | 8. Les choix entre les antidépresseurs tricycliques et les ISRS se fait sur base : · du risque d’effets indésirables, · des interactions pharmacologiques, · du danger de suicide, · du coût. | Niveau 2 | 9. Si le choix tombe sur: · Les antidépresseurs tricycliques, les produits préférentiels seront l’amtriptyline, l’imipramine ou la nortriptyline, · Les ISRS, les produits de choix seront la fluvoxamine, la paroxétine, la sertraline, le citalopram, ou la fluoxétine, · Chez les personnes âgées, les produits de choix seront la sertraline ou le citalopram. | Niveau 2 | 10. Le suivi est toujours non pharmacologique. En cas de dépression sévère, un antidépresseur sera ajouté. | Niveau 1 | 11. Référez le patient au psychiatre : · si le MG n’assure pas lui-même l’accompagnement psycho-thérapeutique, · si après > 4-6 semaines l’effet du traitement est insuffisant, · en cas de dépression sévère avec pronostic défavorable ou tendance importante au suicide. | Niveau 2 | 12. Chez les patients à risque, une rechute est à prévenir en: · prolongant la thérapie pharmacologique et en y mettant progressivement un terme ; · proposant un accompagnement psycho-thérapeutique continu (de préférence thérapie comportementale). | Niveau 2 | 13. Faites appel aux initiatives de coopération locales ou régionales lorsqu’un accompagnement intensif est nécessaire. Il est recommandé de dresser une carte sociale régionale. | Niveau 3 |
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